Jouer à PokemonGo ne dispense pas d’être intelligent !

Dès que sort une nouveauté, qui rencontre un certain succès -qui plus est en lien avec le numérique, les smartphones et les jeux vidéo- on assiste à une avalanche d’articles opportunistes sur “c’est dangereux, on va tous mourir !” pour générer du clic à bon compte. En l’occurrence, le jeu PokemonGO réunit tous ces ingrédients et n’a pas dérogé à la règle…

La palme de la diabolisation démagogique est détenue par Rue89 qui est allé jusqu’à lancer un appel assez délirant :

Manifestement PokemonGO rend bien fous ceux qui en parlent sans prendre la peine de découvrir le jeu ni de réfléchir un peu…

J’ai testé le jeu de façon intensive quelques jours avant sa sortie officielle et je m’y adonne encore occasionnellement quand je sors, si je n’ai rien de mieux à faire. Il faut dire que je ne suis pas une accro des jeux vidéo, ni sur console, ni sur smartphone, néanmoins j’ai pris un certain plaisir à essayer ce jeu.

En deux mots, mais vous le savez certainement, il s’agit de capturer des Pokemons avec la particularité qu’ils ne sont pas simplement dans le jeu mais localisés autour du joueur en réalité augmentée. On peut donc voir le Pokemon que l’on va tenter de capturer, dans notre smartphone, superposé à l’espace physique réel qui nous entoure. Malins, les créateurs du jeu ont prévu, intégré au jeu, la prise de photo des Pokemons ainsi repérés. Après on peut gérer son cheptel de Pokemons, les faire évoluer, les faire combattre dans des arènes… personnellement je me suis arrêtée à l’aspect collection de Pokemons.

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Voici ce que j’ai trouvé intéressant dans ce jeu :

Pour jouer il faut sortir

En effet, les Pokemon sont dehors, il faut aller les débusquer en se rendant physiquement dans les lieux où ils sont, ce jeu incite donc à sortir et à marcher. Cela change par rapport aux jeux vidéo classiques où il suffit d’être assis, chez soi, pour jouer.

Il suscite rencontres et échanges

Les Pokemons étant plus nombreux dans certains lieux (parcs, lieux touristiques…) les joueurs s’y retrouvent, de façon concertée ou non, se repèrent les uns les autres, échangent des conseils et indications. J’ai eu de nombreuses occasions de parler ainsi avec des inconnus que je n’aurais pas abordés sans ce contexte.

Il permet de découvrir son environnement

Dans le jeu, les pokestocks qui permettent de récupérer des objets nécessaires au jeu, sont liés à des points d’intérêt du lieu où on se trouve. Beaucoup de joueurs ont témoigné avoir ainsi découvert des éléments d’architecture, des plaques commémoratives… auxquels ils n’avaient jamais prêté attention auparavant. Ces points d’intérêt viennent d’une application touristique de Niantic “Field Trip” qui a servi ensuite pour le jeu “Ingress” qui “transforme le monde réel en un terrain de jeu mondial rempli d’énigmes, d’intrigues et d’adversaires”.

 

Alors bien sûr, ce jeu atypique qui connaît un engouement mondial et utilise la réalité augmentée pose des questions, certaines nouvelles et d’autres non, mais ce n’est certainement pas une raison pour le dédaigner par principe ou en avoir peur.

Il y a évidemment la question des données, y compris de géolocalisation, que l’on laisse et de ce qui en est fait. Cette problématique n’est pas nouvelle, concerne de nombreuses autres applications que l’on utilise au quotidien. Je ne l’écarte pas, elle est importante, mais ne me semble pas spécifique à ce jeu.

Il y a aussi les accidents qui seraient imputables au jeu, et là ça me met en colère car ils sont manifestement dus à la bêtise humaine et non au jeu. En effet, dès que j’ai commencé à tester PokemonGO j’ai été attentive à l’irruption éventuelle du jeu de façon non adéquate qui pourrait être accidentogène. Une émission de radio récente de France Culture (Du grain à moudre) a longuement insisté sur l’effet délétère d’une notification du jeu indiquant la présence d’un Pokemon pendant un enterrement par exemple, ou qui distrairait un parent allant chercher son enfant à l’école, le rendant par là même inattentif à sa progéniture. Cela montre simplement que les intervenants de cette émission ne connaissent pas le jeu ! PokemonGO n’envoie aucune notification à proprement parler, il vibre juste quand il y a un Pokemon à proximité. Vous me direz qu’on peut considérer que c’est une forme de notification, certes mais… la vibration n’a lieu que si la personne est en train de jouer. Si le jeu est en arrière plan parce qu’on regarde une autre application sur son smartphone ou s’il est en veille dans la poche, il n’y a pas de vibration, même si le jeu n’a pas été fermé. Bref, il n’y a pas d’irruption du jeu non voulue, juste des personnes qui choisissent de jouer à des moments ou dans des endroits peu appropriés ou dangereux. Ce n’est clairement pas de jouer à PokemonGO qui est dangereux mais de manquer de bon sens ! Il en est de même pour les personnes pénétrant dans des endroits privés ou interdits, on détecte un Pokemon à 30 mètres et on peut le capturer de là où on l’a détecté. Ceux qui pénètrent dans des lieux interdits ou dangereux ne sont donc pas directement incités à la faire par le jeu.

Jouer à PokemonGO ne dispense pas d’être intelligent, et c’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

Je vous recommande la lecture de ce billet de Yann Leroux qui explique bien quels sont les ressorts psychologiques qui font le succès de ce jeu 

 

Nous ne nous tairons pas !

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Le samedi 18 juin, suite à la parution dans le Huffington Post d’un article sur Périscope dans lequel je fais partie des interviewés, le hashtag #TaGueule2Vanssay (suivre le lien ou voir les tweets réunis sous ce billet) a été lancé et repris avec un certain succès sur Twitter.

Ce billet, volontairement différé pour être écrit à froid, est une réponse à l’expression de cette volonté de me faire taire.

Je n’ai pas l’intention de me justifier sur cette interview, j’assume totalement ce que j’y ai dit, j’aurais par contre pu expliquer certains éléments de contexte si je n’avais été contrainte de me taire, provisoirement, devant le flot d’insultes qui s’est déversé suite à la publication de l’article. Mais même en l’absence des éléments qui suivent, rien ne légitime la violence des attaques et des procès d’intention qui m’ont été faits.

J’ai, dans cette interview partiellement reprise dans l’article, parlé uniquement de ce que j’ai pu constater par moi-même. J’avais observé les jours précédents une dizaine de vidéos Périscope faites en direct par des élèves pendant des cours. Ce que j’y ai vu ce sont des élèves qui se filment eux-mêmes (le plus souvent celui à qui appartient le smartphone et son voisin de classe) et je n’ai vu aucun prof (parfois on l’entendait vaguement au loin). Les élèves filmés échangeaient avec leurs “visionneurs” sur le mode “lancez-nous des défis” mais même si j’ai vu passer des messages du type “vas-y insulte la prof” les élèves n’obtempéraient pas, s’agitaient vaguement et l’ensemble était, oui, plutôt potache. Je n’ai parlé que de ce que j’avais vu par moi-même, cela n’est hélas pas indiqué dans l’article, j’ai pourtant précisé au journaliste à chacune de mes réponses “pour ce que j’en ai vu”. Je n’ai jamais prétendu évidemment qu’il n’existait aucun usage plus violent. Par ailleurs, nous n’avons eu au syndicat aucune remontée d’un “phénomène Périscope” massif ou problématique, ce qui tend à montrer, comme le dit d’ailleurs le chef d’établissement dans l’article, que les incidents sont gérés sans problème particulier par les équipes. Par contre il y a eu plusieurs articles sur le sujet, j’ai d’ailleurs dit au journaliste que cela me semblait une mauvaise idée d’insister sur un “phénomène” qui, s’il en est peut-être un, ne semble ni massif ni particulièrement ingérable. C’est d’ailleurs pour cela que je n’avais pas, avant ce billet, diffusé le lien de cet article ; non pas parce que je n’assumerais pas ce que j’y dis mais parce que, même si je m’y exprime, j’estime que ce type d’article polémique fait plus de mal que de bien en attisant peurs et fantasmes en tous genres.

C’est d’ailleurs bien là-dessus que se sont appuyés mes détracteurs pour déformer ce que j’avais dit, surinterpréter en creux ce que je n’avais pas dit et me présenter comme une irresponsable prônant le droit absolu des élèves à filmer leurs profs en cours et à les harceler en faisant fi de leur droit à l’image ! Utiliser ce levier émotionnel, et la crainte qu’a tout prof de perdre le contrôle de sa classe, est idéal. En effet, quand on a peur on n’est pas en état de réfléchir ou de raisonner, la peur paralyse la logique et déclenche des réflexes automatiques destinés à se rassurer à tout prix, l’un d’eux étant l’attaque. De nombreuses personnes, dont des collègues enseignants, n’ont même pas pris la peine de lire l’article, ou l’ont lu à charge en épousant par avance les surinterprétations douteuses plus ou moins habilement suggérées par d’autres. J’ai ainsi reçu plus de 500 tweets d’insultes de plus de 200 personnes différentes, un vrai succès !

Je ne rentrerai pas ici dans le détails des griefs des uns et des autres qui sont parfois syndicaux, ou dus à des différences de vision du rôle d’éducateur et à bien d’autres choses… Néanmoins, chaque professeur qui a contribué à #TaGueule2Vanssay, soit en l’utilisant, soit en m’insultant par ailleurs, soit en incitant d’autres à le faire tout en jouant “les oies blanches” a lui-même terni sa propre image mais aussi celle de la profession dans son ensemble. J’ai répondu à des dizaines de messages de parents effarés que des profs, comme ceux qui ont leurs enfants en cours, puissent s’insulter ainsi en public sur un réseau social. J’ai répondu patiemment à chacun d’eux précisant qu’il s’agit heureusement d’une très petite minorité d’enseignants. Mais oui, néanmoins, cela est préoccupant et rejaillit, qu’on le veuille ou non, sur l’ensemble de notre profession.

Qu’on me permette ici de refuser de plaindre ceux qui se sentent insultés à tout bout de champ -je suis responsable de ce que je dis, pas de ce que certains croient y lire- de rejeter ceux qui tordent, mentent, prétendent dénoncer des propos inacceptables qu’ils construisent de toutes pièces pour justifier l’insulte, la diffamation et jeter le discrédit sur ceux qui ne sont pas d’accord avec eux. Je n’ai pas l’intention de me laisser impressionner !

Certains ont osé me dire se sentir légitimement autorisés à m’insulter et à me diffamer publiquement parce que je “l’avais bien cherché quand même !” Il n’y a objectivement aucune insulte dans mon interview, même si je conçois tout à fait que l’on puisse être en désaccord avec ce que j’y dis… D’ailleurs, m’insulter c’était aussi clairement empêcher tout débat sur le fond.

Comment répondre au “Ta gueule” ? En l’ouvrant !

Pourquoi le titre de ce billet est “Nous ne nous tairons pas !” ? Parce que je ne suis pas la seule à avoir subi cela ni à être concernée par ce “Ta gueule”, même si cette fois-ci il m’était bien personnellement adressé…

Ce qui est détestable pour ces haters c’est que de très nombreux enseignants ne soient pas d’accord avec eux, que nos idées et nos valeurs soient de plus en plus à l’oeuvre sur le terrain (les classes coopératives et sans notes, le travail et l’évaluation par compétences, le développement des compétences psychosociales, la croyance forte que chaque élève est capable de réussir…), que le numérique en général et Twitter en particulier nous permettent de partager et diffuser nos pratiques professionnelles et notre enthousiasme, que tout cela perturbe les convictions et les habitudes de ceux qui ne veulent surtout rien changer. Ces haters n’arrivent pas à supporter que des collègues ne s’enferment pas comme eux dans la déploration systématique et la critique stérile. Ne nous y trompons pas, ils ont pour objectif de nous faire taire, à nous de ne pas nous laisser faire !

Si hélas leurs intimidations, à coup de “moqueries” plus ou moins acerbes et malveillantes -quand ce ne sont pas carrément des insultes- peuvent parfois décourager un collègue de parler de ce qu’il fait avec ses élèves, ils ne peuvent arrêter ce qui est à l’oeuvre dans nos classes et nos établissements, et c’est sans doute cela qui les fâche si fort et les pousse à tant d’agressivité. Les haters ont peur, se sentent insécurisés et bousculés dans leurs valeurs certes, mais partager nos essais, nos découvertes et nos réussites ce n’est pas les agresser ou les remettre en cause, c’est seulement exercer notre légitime droit à l’expression publique.

Ignorons-les, n’hésitons pas à saisir chaque occasion de diffuser, de raconter, de montrer ce qui se fait et de donner ainsi envie à d’autres collègues d’améliorer ensemble nos pratiques professionnelles.

Alors, je suis désolée pour les haters mais je vais continuer à ouvrir ma gueule, et je vous invite tous à en faire de même !

OUVRONS-LA !

Cet article rédigé depuis plusieurs jours était prévu pour une publication aujourd’hui. Devant un nouvel “incident” (et c’est un euphémisme car il s’agit cette fois-ci d’un appel au viol) j’ai hésité à différer mais en fait non, car ce serait en quelque sorte une victoire de ce collègue. Cette escalade de propos violents et sans tabou, qui plus est de la part de profs, est quand même quelque chose de très préoccupant…

Crédit photo : Shace

 

Voici un Storify contenant les tweets dont il est question dans ce billet :

Merci Virginie…

Ce billet n’est pas pédagogique, quoique…, il me tient à cœur et après tout raconte que l’on apprend  aussi et surtout en dehors de l’école et des formations, on apprend énormément via les gens qu’on rencontre, qu’on fréquente et avec lesquels on partage. Ce billet a donc toute sa place dans la rubrique « ce qui me motive ».

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Virginie, je n’ai pas envie de te dire au revoir, ni de te rendre hommage, juste de te dire merci ! Je vais le faire ici, sur le Net, un lieu qui te correspond bien…

MERCI Virginie car grâce à toi… (cette liste est très largement non exhaustive) :

  • j’ai appris que ne pas avoir de « crêpe party » c’est être une mère « trop nulle », ma fille m’en a heureusement informée et j’ai pu rectifier le tir
  • mes enfants ont passé de bons moments, tu as éclairé nombre de leurs week-ends
  • j’ai découvert que l’amitié suit parfois des chemins hautement improbables
  • j’ai pu voir « le Renard et l’Enfant » au Grand Rex en avant première
  • j’ai souri en t’entendant raconter la tête de certains quand tu te pointais à tes séances de chimio avec des vêtements multicolores anti-déprime
  • j’ai pris beaucoup de plaisir à visiter une amie malade, non par « devoir » mais parce que passer une journée avec toi est un vrai bonheur
  • j’ai mangé des gâteaux faits maison franchement réussis alors que la pâtisserie n’est pas ton fort
  • je sais comment ne pas avoir mal aux pieds avec des Dr Martens neuves, je n’ai pas encore testé mais je compte bien le faire
  • j’ai constaté qu’on peut être « en sursis » mais se préoccuper toujours et encore d’abord des autres… je suis sûre que si tu m’envoyais un message là il commencerait par : « Excuse-moi Stéphanie, ça fait un moment que je n’ai pas pris de tes nouvelles… »
  • je suis plus riche des moments passés ensemble, des conversations interminables au téléphone, sur MSN puis sur FB
  • je sais plus que jamais qu’il faut passer un maximum de temps avec les gens qui comptent vraiment et éviter d’en perdre avec les aigris et les grincheux

En ce qui me concerne Virginie, tu es toujours présente, à travers toutes les traces positives que tu as laissées chez moi et chez plein d’autres !

 

 

Comment préparer nos élèves à affronter l’incertitude ?

incertitude-300x225M’étant inscrite au MOOC “L’avenir de la décision : connaître et agir en complexité“ où j’ai le bonheur d’entendre Edgar Morin, qui vous le savez est pour moi central dans ma réflexion pédagogique, j’ai choisi de partager ici avec vous tous l’activité « Fil rouge » originellement prévue sur un forum interne au MOOC.

La consigne est la suivante :

« Identifiez une situation complexe dans votre environnement : il peut s’agir d’une situation complexe que vous rencontrez dans votre univers professionnel, extra-professionnel, ou d’un problème de société plus large sur lequel vous avez néanmoins une certaine visibilité et une capacité d’action.« 

Et mon message celui-ci :

« En tant qu’enseignante, tout particulièrement préoccupée par les moyens d’aider les élèves les plus fragiles à réussir, je suis depuis longtemps guidée par la pensée d’Edgar Morin. En effet, penser la complexité, du moins essayer, m’aide à trouver des pistes notamment par le travail avec les élèves dans des situations complexes.

Je me demande comment, au sein des classes et dans l’Education Nationale dans son ensemble, nous pouvons travailler pour préparer nos élèves à affronter l’incertitude : la reconnaître, la supporter, la prendre en compte, la réduire, s’y adapter…

Je m’intéresse à la fois à ce qu’on peut concrètement mettre en oeuvre chacun avec nos élèves dans nos cours, mais aussi aux leviers qui pourraient faire évoluer l’institution pour prendre en compte cette dimension.

Merci pour vos contributions !

PS : Je poste aussi cette question sur mon blog pour ouvrir la discussion plus largement aux personnes non inscrites à ce MOOC

PS2 : Je suis très active sur Twitter et serai ravie d’échanger avec vous sur ce réseau, mon pseudo est @2vanssay et le hashtag pour échanger sur ce MOOC #MOOCMorin »

À vous, les commentaire sont ouverts !

Étape 2 : Voici les questions à traiter ensuite la semaine suivante…

Rappel de la situation complexe :

Comment agir, au sein des classes et dans l’Education Nationale dans son ensemble, pour préparer nos élèves à affronter l’incertitude : la reconnaître, la supporter, la prendre en compte, la réduire, s’y adapter…

Quels sont mes objectifs ?

  • que cette préoccupation soit présente dans les documents et consignes officiels
  • que les enseignants aient le souci de cet enjeu dans leur façon de concevoir et mener leurs cours
  • qu’il y ait un va et vient dynamique entre l’accompagnement des enseignants sur cette question de la part de l’institution et des remontées de terrain sur les stratégies mises en oeuvre dans les classes

Quelle est la principale contrainte ?

  • je ne suis pas décisionnaire

De quels éléments éléments de certitude est ce que je dispose ?

Je suis certaine que cela doit être travaillé davantage à l’école, que ce n’est pas assez présent, que ça apporterait une dynamique très intéressante.

Quelles sont les incertitudes  ?

  • L’institution est difficile à convaincre, elle semble préférer elle-même les certitudes et la recherche de LA VÉRITÉ concernant l’enseignement
  • Ce n’est pas parce que l’institution demande aux enseignants de prendre en compte un enjeu que cela est suivi d’un réel effet dans les classes
  • Difficile d’évaluer le temps que cela pourrait prendre

Quels risques identifiés, du moins au plus acceptable ?

  • Créer un mouvement de réaction contraire
  • Déstabiliser des enseignants déjà bien éprouvés
  • Perdre mon temps

Quels sont les différents scénarios d’actions possibles ?

  • Tenter chaque fois que j’en ai l’occasion de convaincre les décideurs de l’Education Nationale quand je les rencontre dans le cadre de mes responsabilités syndicales et que c’est pertinent (marteler des choses hors propos agace et braque)
  • Parler à mes collègues de l’importance de cet aspect : en direct, via Twitter, via mon blog, via les articles écrits dans le cadre de mon travail
  • Donner moi-même et collecter des exemples de scénarios pédagogiques prenant en compte la question de l’incertitude

Le tout en m’appuyant largement sur la pensée d’Edgar Morin évidemment !

Pour voir la version image de la carte mentale c’est ici.

Un exemple très intéressant de travail sur l’incertitude avec des étudiants :

POUR une « culture commune » qui mouille…

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Je n’ai rien contre la culture et encore moins contre le fait qu’elle soit commune… pourtant j’ai un peu de mal à intégrer ces deux mots, ainsi accolés, ou plutôt de la difficulté à comprendre ce qui se cache derrière cette formule. C’est souvent fumeux et/ou vague et ça ressemble fort à : « La culture commune, personne ne peut être contre mais personne ne sait ce que ça veut vraiment dire, donc ça n’engage à rien et c’est bien pratique ! »

Alors je me lance et je me mouille… je suis POUR la « culture commune » à l’école si et seulement si :

    • elle n’est pas uniforme mais ouverte, variée, mélangée
    • elle comporte -et même part de- la culture des élèves sans jamais la mépriser ou la dénigrer (oui, oui je parle bien de ce qu’ils aiment à la télé et sur Internet, de ce qu’ils écoutent comme musique, de leurs pratiques culturelles numériques et autres…)
    • elle permet de faire des liens au profit des apprentissages et d’une ouverture sur d’autres références culturelles
    • elle n’exclut personne et contribue à créer une communauté d’apprentissage
    • elle irrigue les apprentissages de dimensions et de questions qui dépassent le « scolaire »

En fait, concrètement, voici ce que m’évoque par exemple « la culture commune » à mettre à l’oeuvre dans nos classes :

  • J’aime la démarche préconisée par Serge Boimare qui propose du nourrissage culturel à ses élèves à partir des grands récits mythologiques.
  • Ça ne me dérange pas de faire référence à Koh-Lanta (une émission de télé-réalité, quelle horreur !) pour éclairer la façon dont s’y prend Hermès pour inventer le feu parce qu’il y a fort à parier que cela parlera à la majorité des élèves…
  • Que Beethoven soit un chien pour les élèves de primaire ne me consterne pas, c’est à moi de les emmener du chien vers le musicien.
  • Utiliser les Pokémons pour travailler la lecture ou pour expliquer des mots de vocabulaire -si le pokémon Soporifik qui endort ses ennemis est connu des élèves, mémoriser le sens de soporifique sera aisé- ne réduit pas mon enseignement mais le rend plus riche et plus efficace aussi.
     
    Il ne s’agit pas, bien au contraire, de renoncer à transmettre des références « classiques » et exigeantes… mais je crois profondément que nous avons tout intérêt à nous pencher sur les tendances du moment qui plaisent à nos élèves, à leur demander de nous les faire découvrir et à constater bien souvent le recul et l’analyse remarquable qu’ils peuvent en avoir.

    À nous après d’en faire quelque chose (ou pas) : détourner les codes, faire des liens, leur faire démêler le vrai du faux dans les références d’une série ou d’un jeu… Et puis, si on s’intéresse sincèrement à ce qui plaît à nos élèves, il n’y a aucune raison qu’ils ne nous retournent pas la politesse en s’intéressant à leur tour à ce que nous tentons de leur transmettre.

    Alors oui, si c’est ça la « culture commune », je suis POUR !

     

Scénario global pour le TwittMOOC

Voilà, le MOOC eLearn² touche à sa fin et le dernier billet concerne la scénarisation du dispositif…

J’ai volontairement botté en touche pour le scénario détaillé de chaque étape parce que les étapes ne sont pas uniformes pour tous ni déterminées à l’avance (même s’il y a une programmation indicative à la disposition des participants) et aussi, je l’avoue par manque de temps. Je me suis concentrée sur le scénario global en essayant qu’il soit à la fois complet et lisible. De plus pour élaborer ce scénario j’ai été aidé par quelques membres du TwittMOOC. J’ai posté une première version sur Twitter puis l’ai affinée en prenant en compte les diverses suggestions recueillies. Vous retrouverez les différentes étapes dans le Storify intégré à la fin de ce billet. Lire la suite

Travail fourni dans le cadre de eLearn²

Voici le billet bilan/synthèse de ma participation au MOOC eLearn².

J’ai réalisé toutes les activités et rédigé tous les billets demandés.

Pour le module 6 je n’ai pas réalisé exactement le travail proposé car il ne correspondait pas aux besoins de mon projet. Mon temps étant limité, j’ai préféré traiter le thème en mettant en place une modalité d’évaluation adaptée, je compte sur la compréhension des formateurs pour ne pas m’en tenir rigueur. Lire la suite

Interactions maximum sur le TwittMOOC

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Me voici au terme du module 7 du MOOC eLearn² concernant les interactions et le tutorat. C’est l’occasion de regarder de plus près comment cela se passe dans le TwittMOOC.

Les interactions sont essentielles et même au cœur du TwittMOOC ! En effet comment imaginer se mettre à Twitter sans interagir… impossible ! Lire la suite

Des badges pour le TwittMOOC

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Le module 6 du MOOC eLearn² concerne les modalités d’évaluation ce qui n’est pas simple dans le cadre du TwittMOOC. J’ai décidé de ne pas suivre exceptionnellement le travail proposé dans le module qui était au choix sur les QCM ou l’évaluation par les pairs, mais de chercher et mettre en place une évaluation adaptée à mon projet.

En effet les attentes et l’aisance des participants sont très variables, ce MOOC ne veut pas se prendre au sérieux (tout en étant efficace !) et je ne vois pas bien comment gérer des “évaluations” à corriger, valider, vérifier… Malgré la présence de nombreux tuteurs cela demanderait de la gestion, du temps passé, des contraintes que je n’ai pas envie de m’imposer, ni d’imposer à d’autres. Le TwittMOOC doit rester léger, souple et ludique ! S’il devient pesant et contraignant il fera fuir… Lire la suite

Immerger sans noyer…

twitter.duck_Me voilà arrivée au module sur les activités en ligne du MOOC eLearn² et donc voici venu le temps de m’interroger sur celles proposées par le TwittMOOC.

Tout d’abord il me semble que la caractéristique du TwittMOOC est de proposer des activités en ligne de type immersif !

Tout comme pour la natation, les langues étrangères ou les techniques de survie où l’on plonge les participants dans un milieu (l’eau, un pays étranger ou une contrée hostile) pour leur apprendre à s’y débrouiller, le TwittMOOC consiste avant tout à plonger les participants dans Twitter.

Les plonger, oui, les noyer non ! Il convient donc d’être attentif à quelques conditions nécessaires : Lire la suite