Prolégomènes :fonzi

Amis lecteurs, ce billet s’adresse essentiellement à ceux qui sont déjà totalement à l’aise avec l’outil, ses codes, ses pratiques, qui savent détecter la bonne actualité avant tout le monde, aident, se font aider, rencontrent tout ce qu’il y a à trouver en ce merveilleux monde.
Prosélyte ou simplement identifié comme expert du sujet il se peut que l’on vous ait demandé de l’aide pour démarrer, que vous souhaitiez multiplier le plaisir que vous trouvez ici.
Ce cours ne s’adresse qu’aux adultes, puisque, c’est notoire, les adolescents n’ont pas besoin d’apprendre tant il parait qu’ils sont nés avec.
Pour cela , évidemment vous recommandez le TwittMOOC, ou plus prosaïquement vous renvoyez vers un des nombreux tutos qui vous expliquent les balises et les 140 caractères. Que croyez vous que cela produise ?

Au mieux, le passage à l’acte par la création d’un compte, bien souvent, rien. Et tout aussi souvent, l’abandon rapide devant le flot de tweets qui défilent dans la time line du débutant.
Vous décidez alors d’accompagner IRL les premiers pas. Pas plus de succès probablement.
C’est pour cela, que sans aucun complexe vis-à-vis des nombreux pédagogues qui rôdent en ces lieux, j’ai révisé ma taxonomie de Bloom, pris mon courage à deux mains et empiriquement testé la recette que je vous livre.
L’objectif que je nous assigne est de faire vite, dans la bonne humeur, dans l’essence de ce qu’est ce réseau social : l’interaction !
Ce billet reste ouvert à vos apports en commentaires.
Enfin, pour ceux qui auraient du mal, le titre fait référence à la pyramide de Ponzi, mécanisme d’enrichissement crapuleux, mais aussi à ce fameux bar américain des années 50 ou Fonzie, prince du cool, encanaille la tendre jeunesse qui ne demande qu’à mal penser.

Pré-requis :

Entre trois et six apprenants pas plus et surtout pas moins. Cinq me parait un nombre parfait.Leur niveau geek peut être modeste, mais il est préférable qu’il ne soit pas excessivement hétérogène.
Chacun doit disposer d’un smartphone, ou mieux d’une tablette, savoir installer une application et s’enregistrer.
Ne riez pas, il y a des gens très bien qui ne savent que téléphoner avec leur smartphone.
Il faut également qu’ils accèdent à leur messagerie via leur appareil.
Si, enfin s’ils savent stocker une image sur le smartphone, ce n’est que mieux.

Vous vous munirez de votre propre smartphone, et/ou de votre tablette. Quelques feuilles A5 et un feutre. Si vous êtes prof, vous les avez toujours sur vous.

Vous indiquez à vos amis le lieu, et l’heure du rendez-vous. Un moment sans pression d’un rendez vous suivant, car on ne sait jamais comment cela peut se terminer.

Le lieu :

Un bar, absolument indispensable, avec une connexion wifi, ou a minima une couverture réseau de très bon niveau.
Il est impératif que cela soit un lieu public, vous comprendrez plus tard pourquoi.
Réservez un espace un peu à l’écart, ou le fond sonore vous permettra de vous entendre, sans toutefois vous isoler.

Le déroulé :

Toutes les étapes sont importantes, et les réaliser dans l’ordre est impératif.

À l’heure du rendez vous, mettez vous à l’aise. Faites vos signes traditionnels de convivialité d’usage : serrement de main, accolades, embrassades, je vous laisse voir.
Connectez vos appareils au wifi en guise d’échauffement digital. Un acte sans difficultés.
Faites installer l’application par chacun.

Vient le moment de la création de compte. Chacun se choisit son @, n’y passez pas trop de temps ça peut se changer après.
Notez chaque pseudo sur un A5 (un par participant).

IMPORTANT :

  • À l’étape des 5 premiers abonnements obligatoires, choisissez les premiers proposés, en demandant bien à l’auditoire de ne pas s’attarder.
  • Faites valider l’inscription dans le mail de chacun.
  • Changez immédiatement la PP (Photo de Profil) avec l’image du smartphone, ou prenez un selfie.
  • Désabonnez les 5 premiers comptes suivis.
    Vous devrez sûrement accompagner personnellement certains d’entre eux. Faites-le.

Réclamez l’attention en déclamant : « Ça y est vous êtes sur Twitter !« 
Interloqués devant une page vide, il est temps de faire une pause. Premièrement, le serveur piaffe d’impatience, et il est grand temps de commander. Deuxièmement, ne mésestimez pas l’effort qui a déjà été consenti par vos élèves.

Avec la perspective d’un grand verre de quelque chose qui fait du bien, reprenez. Il vous aura fallu environ vingt minutes pour arriver là.

Demandez au plus hardi de vos élèves de faire son premier tweet. Aidez le dans l’inspiration, un simple bonjour, une citation fera l’affaire.
Demandez aux autres ce qu’il voient sur leur smartphone (rien évidemment, ils n’ont aucun abonnement et pas plus d’abonnés)

Faites s’abonner un deuxième élève au premier (c’est là où les A5 sont utiles). Par magie, il voit apparaître le premier message. Il le montre aux autres.
Vos autres élèves voudront immédiatement s’abonner au premier. Laissez-les faire.

Proposez au second de répondre au premier. Demandez à un des autres de montrer ce qu’il a (rien de plus).
Normalement à ce stade s’ils ne sont pas trop manchots, ils s’abonnent les uns aux autres, et ils commencent à papoter.

Faites une pause, vos verres sont arrivés. Reformulez les définitions abonnés, abonnements (followers/followés).

Reprenez en proposant à l’un d’entre eux de retweeter. Observez et expliquez l’effet. Pendant que chacun regarde, intervenez (avec votre compte twitter dans une des conversations).
Demandez d’observer.
À ce moment , il devrait y en avoir un qui comprend que les gamineries du moment sont publiques (même si on n’est pas abonné).
C’est là que vous développez l’analogie du pub : Twitter un grand pub où tout le monde discute autour de tables, que l’on peut écouter, où l’on peut s’attabler.
Est-ce grave ? « Bien sûr que non, que faisons-nous actuellement dans ce bar ? On discute, et qui voudrait nous écouter, le pourrait. »

Proposez-leur de vous abonner à vous. Ça vous fait 3 à 5 followers de plus, même si cela fait longtemps que vous ne courez plus après ça. Échangez avec eux, lancez quelques retweets sur les sujets qui les intéressent. Proposez leur de s’abonner à l’émetteur initial. Pas trop tout de même. Interpellez @2vanssay de votre compte pour inscrire les nouveaux au TwittMOOC, c’est la garantie d’avoir immédiatement des interactions inattendues ET bienveillantes.

Finissez vos verres, et commandez une deuxième tournée. Posez les smartphones, passez un bon moment IRL entre amis.
Juste après la séance, si vous êtes encore lucide, envoyez des messages de remerciements, congratulez vous réciproquement.

Organisez la deuxième séance peu de temps après. entre trois jours et une semaine après. Dans l’intervalle, vous « suivez » l’activité de vos protégés followers/followés/tweets.

Au cours de cette deuxième séance, vous passerez en revue l’usage des balises, des emojis, vous donnerez quelques conseils contre les trolls, chacun partagera ses découvertes.
Vous ouvrirez leurs horizons en montrant les thèmes des ados, de la politique, de la société, de l’art, etc. sans oublier d’évoquer les cotés obscurs de Twitter.
Proposez-leur les articles du TwittMOOC qui leur correspondent mieux.

Dans cette deuxième leçon, ce qui compte c’est de passer plus de temps à boire qu’à apprendre.

Merci à ceux qui tenteraient ce cursus de nous faire leur retour, partager leurs émois et les améliorations à apporter. Je les y intégrerai volontiers.

Résumé en une image

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PS : quand je disais que le digital est inné pour les ados, c’est évidemment faux. En réalité ils apprennent ce genre de choses de la même façon que je vous la propose…

One Response so far.

  1. johannacornou dit :

    Merci pour cet article. Il m’avait marqué à sa publication pour son côté actif et convivial. Je l’ai utilisé pour une formation « découvrir Twitter » ce soir, en adaptant un peu à mes outils et dans un décor un peu plus académique.
    Je les partage ici en pdf : https://www.dropbox.com/sh/i5szfa9vqi102oz/AAADeSp3lH3pol1tDZAFE2lHa?dl=0

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