photo credit: Rosaura Ochoa via photopin cc

Tout d’abord, qu’est ce qu’un subtweet ?

Au sens strict du terme il s’agit d’un tweet mentionnant quelqu’un mais sans utiliser son @pseudo de façon à ce que le tweet n’apparaisse pas dans les mentions Twitter de la personne dont il est question. Il s’agit généralement de tweets critiques ou insultants (source Urban dictionnary).

Par extension le subtweet, “subliminal tweet”, est une manière de s’adresser à une personne ou de viser quelqu’un sans le mentionner avec son @pseudo, ni forcément le nommer tout court, de manière plus ou moins allusive parfois avec la balise #subtweet (source Konbini).

Quand et pourquoi faisons-nous des subtweets ?

Cela nous arrive quand nous sommes agacés par un twittos, que nous voulons le partager avec notre TL sans que ce dernier nous agresse ou sans lui faire de la publicité en le nommant. On peut aussi secrètement espérer que le twittos concerné puisse lire notre subtweet, se sentir concerné et prendre conscience du comportement qui nous a été désagréable.

Quand un de nos tweets vise sans les nommer un groupe de twittos, il reste un subtweet, s’il vise un type de personnes (dont forcément des twittos) son caractère sub-twittique est moins évident, quand il vise une personne non présente (à notre connaissance) sur Twitter ce n’est pas non plus à strictement parler un subtweet.

Les effets possibles du subtweet

Subtweeter revient à dire publiquement du mal de quelqu’un, pas “dans son dos” puisqu’il peut le lire, mais sans lui laisser la possibilité de se défendre. En effet, s’il réagit il se fera immanquablement traiter de paranoïaque et de plus montrera qu’il s’est senti concerné et atteint. Il est donc agressé, devant tout le monde, sans avoir vraiment la possibilité de se défendre…

Un subtweet peut aussi atteindre quelqu’un d’autre que la personne visée, parfois on ne le sait pas, parfois la personne nous le dit et il est très compliqué, même si c’est vrai, de la convaincre que ce subtweet ne la concernait pas. On prend donc le risque de blesser ou vexer quelqu’un sans aucun moyen de prouver notre bonne foi !

Le subtweet est-il immoral ?

C’est difficile à dire dans l’absolu, cela dépend évidemment des circonstances et le TwittMOOC n’a pas vocation à fixer un cadre déontologique twittérien. Néanmoins être conscient de cette pratique et que nous l’utilisons parfois, permet de mieux en mesurer les risques et d’en assumer plus facilement les éventuelles conséquences. Le côté “défoulatoire” du subtweet, s’il ne devient pas un mode de fonctionnement permanent, peut néanmoins être jugé dans certains cas comme bénéfique et cathartique. Et puis quand il s’agit d’un troll ou d’un twittos vraiment odieux, il est bien difficile de se priver de pouvoir en parler avec sa TL sans alimenter son pouvoir de nuisance… le subtweet devient alors en quelque sorte un moyen de légitime défense !

Éviter les subtweets, c’est possible ?

J’ai essayé après que @Chouyo m’ait fait prendre conscience du phénomène il y a plusieurs semaines maintenant… C’est difficile, ça démange, mais c’est parfois salutaire d’avoir pu se retenir ! Ce qui me semble essentiel c’est la prise de conscience de leur existence et de les utiliser éventuellement mais avec parcimonie et en toute connaissance de cause.

Comme j’aime diffuser du positif et du constructif j’essaie de retourner mes agacements en tweets positifs, ce n’est pas aisé d’être aussi percutante dans la formulation mais cela a le mérite de susciter un travail intérieur permettant de passer d’un “marre des gens qui…” à “j’apprécie les gens qui…” ce qui du coup ne produit pas un subtweet, ou un subtweet positif si on pense à quelqu’un de précis !

Autre alternative, dire carrément à la personne, en la mentionnant, ce que l’on a sur le cœur. Cela a le mérite d’être clair, franc et de lui laisser la possibilité de réagir si elle le souhaite ! Mais à éviter absolument en cas de troll, car sinon on va le nourrir et le relancer !

Comment réagir à un subtweet ?

C’est compliqué, et c’est d’ailleurs quand on en est victime qu’on se rend compte de la perversité du truc au fond…

Si on s’adresse à l’émetteur du subtweet on risque de passer pour un parano, surtout qu’on n’est peut-être pas la personne visée… Reste deux solutions : subtweeter à notre tour, mais là on risque d’embrouiller encore plus les choses, ou plus sage, agir comme si on n’avait pas lu le subtweet ou qu’on ne l’avait pas pris pour soi. On ne risque pas de se ridiculiser et on ne donne ainsi aucune prise à l’auteur du subtweet qui espérait peut-être une réaction de notre part.

En conclusion 

Comme toujours, ce qui se joue sur Twitter est très humain et rempli d’affectif… une excellente occasion de nous interroger sur notre façon d’échanger, de supporter l’agressivité, de gérer nos relations avec autrui, aussi en ligne ! 
Et si vous voulez relever un défi spécial « subtweets positifs » c’est par ici.

Et vous ? Subtweetez-vous ? Comment réagissez-vous si vous vous en sentez victime ? Racontez-nous !

Crédit image : Rosaura Ochoa via photopin cc

Categories: Questions

2 Responses so far.

  1. […] “De l’art et du danger du subtweet…” : et les subtweets que j’ai découvert récemment grâce à Stéphanie de […]

  2. […] « De l’art et du danger du subtweet… » : et les subtweets que j’ai découvert récemment grâce à Stéphanie de […]

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