illustrationpedatwitter

Pourquoi Twitter fait-il de plus en plus d’émules auprès des enseignants ? Parce qu’ils lui reconnaissent de multiples vertus pédagogiques. Si vous n’utilisez pas Twitter en classe ou si vous l’utilisez mais commencez à vous essouffler, voici quelques projets remarquables proposés sur ce réseau à des « twittclasses » par des enseignants créatifs et innovants.

⇒ Vous avez dit Twittclasses ?

bilantwittclassesCe sont des classes qui utilisent Twitter dans leurs travaux quotidiens. Depuis les expériences conduites par des pionniers(ères), elles ne cessent de se multiplier. Bertrand Formet @TiceChampagnole a eu l’idée de les recenser et d’ouvrir un site dédié : Twittclasses.francophones

Le site francophone recensait 364 Twittclasses en novembre 2014.

Alors que font ces Twittclasses ?

Retrouvez les projets en cours pour l’année 2014 2015 grâce à ce « Google doc » élaboré lors du Twittconseil du Mercredi 1er octobre.

#Twittconseil ?

C’est un conseil des maîtres des Twittclasses qui se déroule sur Twitter à une heure donnée et au jour fixé par un Maître de Cérémonie : après @AudeCorbieres, initiatrice de ce conseil, c’est @nicoguitare qui l’a animé cette année.

Vous en saurez plus en lisant l’article de @CharlesR_B.

Ou en consultant le storify du premier conseil de l’année.

⇒ Sur les chemins de l’écriture : La twittérature

Sans faire de chaque élève un écrivain, l’enseignant doit mettre en place les conditions didactiques adéquates et transmettre aux élèves « des outils d’écriture, pour les aider à être plus libres » ou, comme le propose le poète Jean-Pierre Siméon, « leur révéler la polysémie du monde ». Un beau programme dont la réalisation peut emprunter de multiples voies notamment celle du numérique.

#Twittérature

Qu’est-ce que la twittérature ?

Contraction de deux mots : « Twitter et littérature », la twittérature est donc la littérature pratiquée sur Twitter. Mais peut-on créer un texte de 140 caractères qui ait une véritable valeur littéraire ? Jean-Yves Fréchette (@pierrepaulpleau), co-fondateur avec le journaliste Français, Jean-Michel Leblanc, de l’Institut de twittérature comparée, en est convaincu et lance lui-même des défis à ses étudiants.

Certains enseignants ont donc eu l’heureuse idée d’utiliser ce réseau social comme « lieu d’expression de petits récits mais aussi des lieux de réflexion d’expressions poétiques ».

Certes, les formes brèves ne sont pas nouvelles en littérature mais ce qui caractérise le tweet littéraire, c’est la contrainte du nombre de caractère :

  • – la forme est toujours la même, un court texte de 140 caractères pile poil (pas un de + ni de -) : « C’est, selon les enseignants qui pratiquent cette activité, une formule qui plaît aux élèves. Ils aiment relever le défi de la précision mathématique du tweet et fouillent dans les dictionnaires pour trouver des équivalents lexicaux pour chaque terme à usage flou, jugé simpliste » (Y. Fréchette).

À cette contrainte, s’en ajoute évidemment d’autres. L’élève ou l’étudiant doit respecter :

  • – un thème,
  • – un genre,
  • – une contrainte stylistique (allitération, comparaison, gradation, etc.)

« En twittérature, les seules limites sont celles de notre propre imaginaire pédagogique. La poésie, le théâtre et le récit côtoient le résumé, le pastiche, le fait divers ou l’épitaphe » (J-Y. Fréchette). Et les enseignants du Québec ou de France qui développent ce projet en classe font preuve d’une grande créativité : @brigitteProf, @ECVManon, @jyaire, @classedenise, @amandineter, @classemegauron, etc.

En savoir plus

⇒ De la Twittérature au Callitweet

#Callitweet

Projet proposé par : Philippe Guillem @philippeguillem

Enseignant à l’école maternelle, Maître Formateur en musique.

callitwittOrigine :

En mars 2013, les élèves de moyenne et grande sections de l’école Maternelle Albert camus de Talence (33) pratiquant twitter régulièrement ont souhaité s’inscrire au concours de Tweets ayant pour sujet « Le Pont » proposé dans le cadre du Festival de Twittérature. Seul hic, ils ne savent pas écrire ! Philippe Guillem, leur enseignant, leur a alors posé une gageure : utiliser des lettres pour dessiner un pont, autrement dit, dessiner un tweet.

Tout savoir sur la démarche, les compétences mises en œuvre

calitweettwittMOOC

 


Aussi pour les grands.

Le callitweet est un des nombreux défis proposé sur le TwittMOOC . Il est encore temps de le relever.

⇒ Sur les chemins de l’écriture : La twictée

#Twictée

Projet proposé par : Fabien Hobart @Karabasse77 et Régis Forgione @profdesecoles (respectivement Conseiller Pédagogique, ASH – Adaptation scolaire et scolarisation des élèves handicapés) et Professeur des écoles.

Que sont les twictées ?

« Les Twictées s’inscrivent dans la lignée des dictées innovantes (dictée négociée, dictée caviardée, dictée frigo…).

Contraction de « Twitter » et « Dictées », les Twictées ont pour objectif de permettre aux élèves de développer leurs stratégies orthographiques dans une séquence d’apprentissage collaborative et ritualisée utilisant le site de micro-blogging Twitter.

twictéeConcrètement : un « défitwictée » s’organise autour de quatre phases. Au préalable, les enseignants s’accordent sur les points d’orthographe à inclure et produisent le texte de la twictée. Pour les élèves :

  • – la première phase consiste en une dictée individuelle « traditionnelle » suivie d’une négociation en groupe. L’objectif est de confronter les productions individuelles pour proposer une twictée par groupe tirant parti des réussites de chacun.
  • – Ces twictées de groupe sont expédiées en mode privé à une « classe miroir » chargée de produire des twoutils, c’est-à-dire des justifications orthographiques écrites.
  • – La troisième phase est le temps fort de la séquence d’apprentissage. Une fois les twoutils reçus par la classe émettrice, chaque élève s’engage dans la correction de son texte. Ce retour sur des erreurs déjà analysées est également un des leviers du dispositif. Il permet de réorienter le regard sur ses propres erreurs et d’automatiser des bonnes procédures orthographiques. L’objectif à ce stade est de produire un texte sans erreur.
  • – Vient enfin la phase d’évaluation des acquisitions et réussites par une dictée transfert.

À l’issue de chaque twictée :

– la note est remplacée par des pourcentages de réussites,

– les remarques de l’enseignant, par de brefs messages de correction produits par des pairs et consignés pour devenir, à leur tour, des outils personnalisés pour l’élève.

La twictée est un dispositif qui s’articule avec les séquences d’Étude de la langue. Si les connaissances sont construites lors des leçons de grammaire, de vocabulaire ou de conjugaison, les twictées donnent l’occasion aux élèves de mettre en œuvre ces connaissances dans des exercices d’écriture basés sur la communication et l’explicitation. Au travers des twictées, l’enseignant cherche à développer chez les élèves la vigilance orthographique et la capacité à se corriger. À l’image d’expérimentations telles que le « barême graduel », les twictées permettent de distinguer les compétences et de hiérarchiser les difficultés. Elles permettent d’engager l’élève dans une démarche réflexive et collaborative autour du renforcement de ses propres stratégies orthographiques ».

Extrait de l’article de Fabien Hobart et Régis Forgione paru dans A&E 241-242 : Lire l’article

En savoir +

⇒ Sur les chemins de la culture scientifique et technique : Géometwitt

#Géometwitt

Projet proposé par : Guillaume Caron @gcarondk, professeur de Mathématiques au collège Lucien Vadez, à Calais.

De quoi s’agit-il ?

Échange entre deux classes : l’une doit réussir à faire construire une figure géométrique à l’autre (sa correspondante), en tweetant des programmes de constructions géométriques du type : «Trace [AB], tel que AB=5cm »…

Apport pour les élèves (compétences développées) :

  • – appropriation et mobilisation de connaissances mathématiques ;
  • – acquisition du langage, du vocabulaire et des codes
  • – effort de précision et de synthèse
  • – fédérer la classe autour d’un projet commun, favoriser la coopération entre élèves
  • – apprendre à travailler en groupes, à s’écouter, à s’entraider.
  • – De manière parallèle : éducation aux médias, à l’utilisation responsable d’Internet
  • – Le + motivation accrue grâce à l’utilisation d’un réseau social.

Guillaume Caron (in A&E 228) :

« L’apprentissage des codes et du langage mathématiques qui a globalement du mal à s’ancrer dans la durée est, grâce à l’outil Twitter, mis en œuvre de manière active et par nécessité. Avec mes collègues, nous prenons le pari qu’ainsi les élèves deviendront plus compétents sur cet aspect parfois ingrat des mathématiques »

En savoir +

#devinombre : faire deviner un nombre entier ou décimal toute l’année

#défimaths : Petits problèmes de mathématiques à résoudre.

⇒ Sur les chemins de la culture humaniste

#geotwitt

Projet proposé par Delphine Falmet @DelphineFalmet, animatrice TICE, enseignement 1er degré.

Échanges entre classes de France métropolitaine et d’outre-mer sur l’aménagement des territoires, les activités économiques …

Échange autour de thématiques en lien avec le programme de géographe CM2 : les territoires français dans le monde (réalité géographique loin de celle de votre classe: ex: une zone industrialo-portuaire pour nous en Champagne). Projet lancé en novembre 2014. À suivre donc !

⇒ Sur les chemins de la culture artistique

twittson2#twittson

Impulsé sur le réseau social en 2013 par : Nicolas Olivier (@nicoguitare) et Anne Andrist, respectivement professeur d’Éducation musicale et chant choral dans la région de Toulouse et enseignante spécialisée à Lausanne.

D’autres enseignants, comme Régis Forgione (@profdesecoles) et Aurélien Brendel (@a_brendel) ont également collaboré à ce projet et lui ont permis d’acquérir une belle ampleur. Cette année Twittson est reconduit et compte déjà de nouveaux participants, les classes de Benoît Kiry (@EDMJeanColmar) et de David Herbert (@dawoud68) en ULIS.

«Twittson » affiche comme premier objectif de faire comprendre aux élèves la constitution d’un son (attaque, timbre, résonance). En fait, ce projet coopératif conduit les élèves à mobiliser, puis maîtriser un certain nombre de compétences en termes d’écoute, d’attention, d’échanges, d’écriture mais aussi au niveau des technologies de l’information et de la communication.

Une classe lance le défi à d’autres classes de reconnaître le son qu’elle vient de tweeter :

Pour défier leurs camarades, les élèves vont d’abord devoir enregistrer un son puis, après différentes étapes (voir méthodologie), le proposer à d’autres classes présentes sur Twitter avec la balise « #Twittson ». Si besoin, ils peuvent aider leurs camarades en leur apportant, au moyen de tweets quelques indices.

Il faut parvenir à décrire mais sans révéler bien évidemment !

Les autres classes peuvent, bien sûr, poser des questions mais non sans avoir, au préalable, écouté attentivement le son proposé, formulé des hypothèses… bref, tenté de l’identifier par la seule écoute.

Déroulement

1. La CLASSE A enregistre (et filme) un son, l’édite et le publie sur Twitter avec la balise #Twittson.

2. LA CLASSE B tente de reconnaître quel est le son : d’où provient-il ? Est-il réel ou non ? Elle émet une proposition. Elle peut poser des questions, sans oublier, bien sûr la balise « #Twittson ».

3. La CLASSE A valide / ne valide pas, donne des indices et peut publier la vidéo (ou une photo) d’exécution

du son une fois trouvé. La validation finale se faisant éventuellement par vidéo, les élèves peuvent filmer lors de l’enregistrement (diffusion de cette vidéo sur Twitter, soit par Vimeo (application), Youtube ou encore Evernote).

En savoir plus

⇒ Autres chemins, autres défis

La #photodevinette des classes

Proposée par : David Hébert @dawoud68.

La photodevinette, c’est quoi ?

Une photo énigmatique, en général un zoom un peu mystérieux, publiée par le meneur de jeux et les classes participantes doivent en deviner la nature.

Pour parvenir à faire jouer ensemble plusieurs classes, David a créé des règles qu’il rappelle avant de lancer le défi :

Rappel des règles: 

1- Je propose un zoom de la photo à deviner #photodevinette.

2- vous posez une question ou faites une proposition.

3. Il faut que je puisse répondre par OUI ou par NON à votre question.

4. N’oubliez pas la balise #photodevinette dans chaque tweet.

5. Suivre la balise #photodevinette permet de s’aider du travail des autres joueurs (prenez en compte les questions des autres classes et mes réponses pour avancer).

David prévient quelques temps avant, sur Twitter, pour que les participants se déclarent … et se préparent !

Les élèves commencent à faire des hypothèses, des propositions qu’il faut affiner au fur et à mesure des réponses. La photodevinette n’accepte pas l’à-peu-près, les questions doivent être précises puisqu’elles n’admettent qu’une réponse par oui ou non

Compétences développées : observer, classer, éliminer, approfondir, comparer, lire, écouter, utiliser les TICE. Apprendre à formuler et rédiger un message concis, simple, clair. Orthographe…

Un exemple recensé ici.

Sans oublier le côté ludique incontestable, la preuve, les grands y jouent aussi :

La Photodevinette des #Twittmocceu-ses-rs

Un bon jeu pour enfants est d’abord un bon jeu pour adultes et ce n’est pas ce défi photo qui me contredira. En janvier 2014, David Herbert a eu la générosité de proposer aux participants et tuteurs du #twittMOOC de participer à des #photodevinettes. Le succès de ce défi a été immédiat au point que d’autres se sont lancés dans l’aventure (dont @pierrengt)

mais ce n’est point tout car @2vanssay a analysé les compétences travaillées dans ce défi.

Si vous aussi, souhaitez vous amuser sur twitter, vous perfectionner, vous dépasser… vous trouverez plein d’autres défis sur le #twittMOOC ici.

Alors go : apprenez en jouant, jouez en enseignant, enseignez en jouant … bref, Twitter s’avère un outil pédagogique intéressant dont l’usage accroît la motivation des élèves déjà hyper connectés et la créativité des enseignants qui ne cessent de chercher de nouvelles pistes pour permettre à tous les élèves d’apprendre à apprendre.

@anim_educ

5 Responses so far.

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